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Schwäbisch Hall, un après-midi d'été.

Samedi 27 juillet au soir


Décollage vers 15h en laissant Manheim à gauche, cap à l’est, 2000 pieds, il fait de plus en plus chaud et la piste en béton restitue cette touffeur en allongeant décollage et atterrissage. Certains réclament une piscine et le public nombreux venu de l’étang voisin nous nargue, curieux, entre deux plongeons. En fait, c’est un bel après-midi d’été.

 

Un samedi de départ en vacances aussi pour les allemands et notre équipe au sol a été prise dans de nombreux bouchons. Dans l’autre sens, la circulation est vive et la non limitation de la vitesse fait que la plupart des voitures sur les Autobahn, nombreuses et gratuites, que nous longeons, dépassent nos appareils. Les vignes laissent peu à peu la place au blé.

 

Ce qui frappe, c’est la diversité des activités. Nous croisons énormément de terrain de planeurs, qui enroulent la convection avec majesté, des paramoteurs aussi qui se frottent à la chaleur. Dans une boucle du Rhin, que nous survolons pour la première fois, les voiliers sont de sortie dans la base nautique. Quelques minutes de vol plus tard c’est l’impressionnant terrain de Formule 1 de Hockenheim qui est en pleine activité dans le vrombissement ( ?) coloré des bolides. Clou du spectacle, nous survolons l’étonnant Musée de l’auto et des techniques de Sinsheim, un beau Concorde d’Air France et un Tupolev semblent encore vouloir s’élancer, posés sur la structure du musée dont on devine la richesse.

 

C’est étonnant de lire dans un vol une telle diversité de pratique sportive et de loisir dont il ressort un goût certain de la technique, de la précision, et de l’exigence. La ville de Heilbronn que nous laissons sur notre droite témoigne de la richesse industrielle : une usine gigantesque, des trains couverts de voiture. Le Bade-Wurtemberg que nous survolons, sans avoir la rudesse taciturne des Vosges, ou l’étendue riante des Vignes, respire le dynamisme. Peut-être est-ce un effet de la période ou de nos propres préjugés, mais c’est remarquable.

 

De même que change de manière immédiate entre la France et l’Allemagne la couleur des toitures, souvent marron claires, couvertes de panneaux solaires et le schéma des rues. On sent moins peut-être la trace d’une histoire, la distribution d’un village, avec un centre historique, et son développement ultérieur. Ce n’est qu’une impression. Mais l’ensemble donne un sentiment de modernité sans être tout à fait actuel. Il faudra trouver des mots plus exigeants les jours prochains.

 

Revenons à quelque chose de plus concret, l’intégration de l’ensemble des machines sur l’étape du soir. La piste était en herbe mais chaude aussi, avec un petit bois qui précède. Ce petit mélange local a donné lieu à quelques rebonds, occasion éternelle de remarques fraternelles mais néanmoins bienveillantes. Le terrain est superbe. L’accueil toujours chaleureux avec des larges sourires qui surmontent l’obstacle de la langue. Les aérodromes sont le plus souvent propriété de sociétés privées, le bénévolat existe bien entendu, mais notre fameuse loi de 1901 fait ici figure de club d’extraterrestre. Et tout se paie : l’eau, les atterrissages. Il ne faut pas tomber cependant dans la caricature, les passionnés, les machines, les envies qui sont toutes ici respirent ce plaisir partagé de l’aviation de loisir.

 

C’est ce qui domine ce soir lors du briefing où nous a rejoint Jo Konrad le président du DULV, une des deux fédérations allemandes d’ULM, avec le DAEC. Le DULV qui est notre partenaire sur ce tour, est plus proche de la pratique du pendulaire. Jo nous avait accueilli à Tanheim en 2003 et nous nous étions promis de créer une Fédération Européenne d’ULM. Elle existe, c’est l’EMF, European Microlight Federation (http://emf.aero/). Elle a très largement contribué à faire comprendre au niveau Européen que l’on ne peut pas mettre sous le même cadre réglementaire l’A350 et un avion de loisir. C’est de ce constat que vient le succès de l’ULM en Europe.

 

La nuit sera chaude mais nous sommes suivi à l’ouest par une dépression qui devrait donner de la pluie lundi. Demain nous dépasserons Münich dans la même ambiance météorologique avec un vent plus discret qu’aujourd’hui.

 

Le soleil se couche, nous allons passer à table, le moteur d’une petite alpine se distingue et part ruer dans la campagne avec la sympathie complice des amoureux de la mécanique.

 

Sébastien Perrot

Balise Diogène

 

Ps : les balises devraient fonctionner prochainement, on s’y emploie !


Au départ de Bad Dürkheim, certains veulent une piscine


Au départ du terrain, l'étang contre la piste


Un des nombreux terrains de planeur


Base nautique sur le Rhin


Le circuit de Formule 1 d'Hockemheim qui fait partie du grand prix



Le musée de l'auto et de la technique de Sinsheim http://sinsheim.technik-museum.de/fr


Heilbronn, plus grande ville industrielle du Bade-Wurtemberg


La finale de Schwabisch Hall


Un jeune allemand motivé


Il fait toujours chaud


Des inséparables



Des contrôleurs épanouis

Révisions du soir


Les tentes entre hélcio et champs de blé


39° degrès ressentis selon la station météo locale


Le superbe accueil du terrain, troisième en partant de la gauche, Jo Konrad, président du DULV, une des deux fédérations ULM allemandes